Club Robot ESEO – Dans l’antre de l’équipe

>>Club Robot ESEO – Dans l’antre de l’équipe

Nous poursuivons aujourd’hui notre découverte de quelques clubs de robotique avec une interview du club ESEO d’Angers qui participera pour la 23ème fois à la Coupe de France de Robotique en 2018 : ils font parti des tous premiers qui ont rejoint l’aventure !

Ce sont Paul, Etienne et Tanguy qui ont répondu à nos questions pendant un peu plus de 30 minutes pour nous faire part de leur expérience « Coupe de France de Robotique ». Alors bien sûr, Thomas présent sur l’événement depuis un petit bout de temps en tant que bénévole (et en tant que membre d’équipe auparavant) a déjà eu l’occasion de les croiser et les connaît bien. Mais pour ma part, présente dans l’association depuis moins longtemps, je ne les connaissais que par leur mascotte ! Alors qui sont-ils ?

Etienne m’explique tout d’abord que l’ESEO est une école d’ingénieur en électronique et en informatique sur Angers (49) qui à 62 ans et dont le club robot ESEO a été créé il y a 23 ans. Plus de vingt étudiants participent cette année au développement des robots, que ce soit sur des questions mécaniques, de programmation, d’assemblage, de communication… que de monde ! Et vous savez quoi ? Ils ont même des étudiants responsables du transfert de connaissances !

Pour Etienne, Tanguy et Paul ce n’est pas leur première participation à la Coupe de France de Robotique, ils ont déjà leurs habitudes au parc expo Les Oudairies de La Roche-sur-Yon. C’est pourquoi je me suis demandée comment ils avaient connu ce concours. Pour Paul, la Coupe c’est avant tout une histoire d’amitié. En effet, il a tout d’abord rejoint le club car « d’autres amis y étaient et de fil en aiguille [il a] fini par rejoindre et intégrer l’équipe ». Bien sûr, il en avait « déjà entendu parler » et était « impressionné par ce que faisait l’ESEO » mais il a tout de même tenté sa chance. Pour Etienne, c’est en entrant à l’ESEO qu’il a découvert le club et qu’il s’est dit que « c’était intéressant pour apprendre des nouvelles choses et apprendre des anciens du club ». Tanguy, quant à lui, en avait déjà entendu parler avant d’intégrer l’ESEO mais sans s’en intéresser vraiment. Le déclic s’est fait quand des anciens l’ont « un peu poussé à entrer dans le club ». Comme quoi la personne en charge de la communication au sein du club a bien fait son travail !

D’ailleurs, en parlant de communication cela me fait penser à une petite anecdote qu’ils m’ont raconté concernant la visibilité de l’équipe le jour J… L’ESEO essaie « depuis 2-3 ans de se choisir une couleur pour que quand on voit la couleur à la coupe on se dise que c’est l’ESEO ».  Et figurez-vous, sur l’édition BeachBot en 2016, « quand [l’organisation] était en orange, [l’ESEO] l’était aussi », un signe pour qu’un jour certains membres de l’équipe passent du côté bénévole… ??? En tout cas, pour l’édition 2018, il semblerait que le orange reste la couleur préférée de l’équipe… mais on me dit dans l’oreille que côté organisation ça ne sera pas le cas !

Club Robot ESEO – Séance de travail en équipe

Au club robot ESEO, rien n’est mis de côté, tout est calculé. Ainsi, l’équipe est une association avec un bureau qui gère toute la partie administrative (inscription à la Coupe de France de Robotique, logistique pour le jour J, recherche de financement, …). La partie « technique », quant à elle, est gérée au quotidien par 4 modules (avec à chaque fois un référent qui est apte à prendre des décisions en fonction des besoins) :

  • Un module « hardware » (orienté électronique)
  • Un module « software » pour toute la partie code et définition des stratégies
  • Un module « communication » dont nous venons de parler
  • Et un module « mécanique »

Belle entrée en matière, je commence à mieux les connaître ! On peut à présent aller un peu plus loin dans ma découverte du club, en abordant la question qui nous taraude tous : et en 2018 que nous réserve le club robot ESEO ? Après quelques rires crispés, je me risque à quelques questions plus indiscrètes et techniques.

A demi-mots j’apprends que « pas mal de choses prévues dans le robot sont similaires à ce que d’autres équipes proposent, bien [qu’ils] ne soient pas au courant de tout ». Je sens alors que la stratégie tient une place part importante pour eux et qu’il semble difficile pour une équipe ayant plusieurs fois fini dans le top 16 de nous donner des éléments précis. Mais, après quelques secondes les trois garçons me donnent tout de même quelques informations croustillantes notamment sur le fait que pour lancer les balles ils ne se colleront pas au bac. Pour moi qui suis novice tout ça m’apparaît un peu obscur… mais Thomas acquiesce : « vous allez faire du tir ». Très bien, je note ! Tanguy, Etienne et Paul poursuivent en m’indiquant « qu’il existe plusieurs solutions pour lancer les balles et [qu’ils ont] vu qu’il y avait une solution qui marchait mieux que le reste ». C’est intéressant mais je ne pourrais malheureusement pas creuser plus la question. En même temps c’est normal, toutes les équipes sont en phase de réflexion sur comment réaliser les actions et la Coupe étant un concours, chacune veut arriver avec les meilleures chances de son côté ! Mais je ne doute pas qu’une fois sur place Etienne, Tanguy et Paul seront ravis de pouvoir échanger avec chacun d’entre vous pour expliquer ce qu’ils ont conçu et fabriqué !

Toujours curieuse d’en savoir plus j’ai encore pleins de questions en poche ! Combien de robots ? Réaliseront-ils toutes les actions ? Réutilisent-ils les bases du robot d’une année sur l’autre ? Collectionnent-ils ou exposent-ils leurs anciens robots ? Utilisent-ils des matériaux de récup ? Font-ils les usinages eux-mêmes ?

Côté ESEO, chaque année les robots de l’année précédente sont démontés de manière à pouvoir réutiliser une partie des composants notamment pour la partie « moteurs », car tout le monde le sait bien : « les servomoteurs et les moteurs ça coûtent chers ! ». Par contre, chaque année ils tiennent à faire de nouveaux investissements.

Sur le développement du projet 2018, là ils préfèrent me laisser la surprise sur l’événement car pour le moment ils sont en phase de modélisation pour l’un des robots et pour l’autre ils ont « des idées de ce qu’ils vont lui faire faire mais ne savent pas encore ce [qu’ils] vont intégrer exactement dedans ». Par déduction, il y aura donc deux robots… Mais en quelle matière ? Et bien, grâce à « l’acquisition il y a quelques années d’une CNC (une fraiseuse à commande numérique » leurs robots sont toujours réalisés en aluminium. Comme la fraiseuse est dans leur local c’est beaucoup plus pratique ! Par contre, les prototypes réalisés en amont sont usinés à la fraiseuse ou à la découpeuse laser dans du bois de récup’ stocké depuis quelques années. Ainsi, ils peuvent prototyper les robots et tester des solutions rapidement. Si on ajoute les imprimantes 3D auxquelles ils ont également accès, on peut affirmer que c’est un club très bien équipé !

Concernant la stratégie c’est le « petit robot » qui sera en charge de lancer l’abeille vers le ballon tandis que le « gros robot » s’occupera des cubes et des balles. En conclusion, « les deux robots pourront faire chacune des actions », misant ainsi sur la polyvalence de chaque machine comme chaque année, « même si l’année dernière ça n’a pas trop marché ».  Après ces échanges, on l’aura compris, l’équipe se fixe « comme objectif principal d’être dans les 16ème de finale » et s’ils peuvent aller jusqu’à la sélection pour la finale européenne « c’est un bonus ».  Malgré ce challenge de réussite, Paul, Etienne et Tanguy ne manquent pas d’humour : ils comptent bien sur leur mascotte (l’ours bleu) pour détourner l’attention des arbitres et du public en cas de besoin ! Mais pas d’inquiétude nos arbitres sont IM.PER.TUR.BABLES et veillent au grain. D’ailleurs, moi grande fan des mascottes, j’en profite pour savoir qui se cache sous le costume. Et bien c’est principalement Tanguy qui se cache dessous, mais cette année les règles changent : ce sont les nouveaux qui passeront sous le costume ! Un rite initiatique en préparation pour qu’ils « connaissent la souffrance des 45° à l’intérieur et des 12 litres d’eau perdus à la minute ». Comme quoi ces trois garçons peuvent être aussi espiègles que taciturnes.

Mais revenons à des questions plus sérieuses. En étant aussi carré dans la création de leurs robots, je me dis qu’ils doivent mettre tout autant d’énergie sur la recherche de financement. Leur participation à la Coupe de France de Robotique est liée à la recherche de partenaires matériel et financier. Comme le club existe depuis très longtemps, ils maîtrisent le sujet : ils « savent qu’en financier [ils] ont besoin de la même somme à peu près tous les ans et après essaient d’avoir en matériel ce [qu’ils ont] besoin en plus ». Pour aller à la recherche de partenaires, ils ont conçu un document qui est accessible sur leur site Internet (tout comme les infos sur l’avancement des robots).

Club Robot ESEO – Bonne ambiance de travail dans l’équipe

Pour finir l’entretien de manière plus légère, et revenir sur un domaine que je maîtrise davantage, je leur demande de résumer leur point de vue sur la Coupe de France de Robotique en un mot. Leur réponse :

  • « Investissement» car ce sont « tous les membres du club qui s’investissent tout au long de l’année et qui passe du temps en plus des cours à travailler sur ce robot ».
  • « Partage» car ils « partagent entre les membres du club une année pour faire un robot. C’est du partage de connaissances, des amitiés qui se tissent. Et [surtout] une fois sur la Coupe [ils peuvent] découvrir les robots des équipes adverses et partager avec elles leurs solutions et échanger ».
  • « Initiative» car ils ont remarqué que « si certains [ne sont pas présents] pour questionner sur ce qui est à faire et ce qu’il reste à faire [ils] n’avancent pas vraiment ».

C’est une belle vision d’ensemble de ce qu’est la Coupe de France de Robotique à mon sens !

Un grand merci à Tanguy, Paul et Etienne pour le temps qu’ils nous ont consacré pour réaliser cet entretien très formateur pour moi ! Je leur donne rendez-vous dans moins de 100 jours à la Roche-sur-Yon et leur souhaite BON COURAGE pour cette dernière ligne droite.

A tous nos lecteurs, je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour un prochain article issu d’une interview avec une autre équipe ayant un parcours encore différent !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2018-02-21T16:26:47+00:00 21 février 2018|Interview|